À-propos

J’ai commencé la photographie vers l’âge de douze ans avec le Canon AE-1 de mon papa.
Un appareil argentique mythique. Lourd, mécanique, imparfait, qui sentait le métal et le temps. Je ne connaissais rien aux règles, rien aux théories, rien aux « bons réglages ». Mais je me souviens d’une sensation : certaines situations et certaines lumières me faisaient quelque chose. Des ambiances semblaient exister plus fort que d’autres. Comme si le monde, parfois, révélait brièvement une autre couche invisible sous la surface du réel.
J’ai compris pourquoi plus tard, avec l’expérience et le temps mais je crois que tout a commencé là, bien avant la photographie elle-même.

Je fais partie de ces gens qui observent trop. Les perspectives, les néons dans une rue humide, les ombres qui se détachent la nuit, une silhouette derrière une vitre, la manière dont un ciel d’hiver écrase un paysage du Nord, ou celle du soleil à diffuser son spectre à travers des feuillages ou encore simplement les reflets sur l’eau, . Mais il m’aura fallu étrangement du temps pour comprendre que ce qui me fascinait n’était pas simplement l’image. C’est l’ambiance, l’atmosphère. La tension discrète des choses. Cette sensation étrange que certains lieux, certains visages ou certaines lumières diffusent ou transmettent quelque chose avant même qu’on sache quoi. C’est ainsi que, me semble t’il, je ne photographie pas pour montrer mais pour ressentir.

Je vis un peu éparpillé.
Le Nord d’abord. Saint-Amand-les-Eaux, les forêts de Raismes et de Wallers, les terrils, la pluie, les lumières basses, les ciels lourds, les routes humides, les hivers silencieux. Une terre industrielle, mélancolique, brute, que beaucoup trouvent grise mais que je trouve profondément vivante. Les forêts, les zones humides, les Flandres ou l’Avesnois, le Boulonnais, les côtes du Nord, les « Sangs et Or » de Lens et de toute la région. J’aime les lieux qui portent des traces.
La Belgique ensuite. Ma Belgique de cœur qui m’a adoptée où je retrouve la plupart de mes proches amis, le plat pays, les ducasses, le sens de la fête, du partage et la bière bien sûr.
Puis il y a Leucate, la Méditerranée, le vent, les étangs, les Pyrénées-Orientales, les couchers de soleil brûlants, les lumières du Sud qui découpent les formes.

Et… les kilomètres, les trains, les hôtels, Paris, les mariages, l’Asie, la Chine, la Thaïlande, les villes géantes, les paysages infinis, les nuits sans sommeil…
Et Hong Kong ou Chongqing qui m’a marqué profondément. Parce que cette ville ressemble à ce que j’aime photographier : quelque chose d’humain et de futuriste à la fois. Verticale. Chaotique. Vivante. Saturée de lumière. Une ville qui semble avoir été construite directement dans un rêve. Là-bas, la nuit n’efface rien. Elle révèle.

On demande souvent aux photographes de trouver « un style ». Si souvent j’ai lu ou entendu — « Je travaille avec des photographes qui ont un style bien affirmé »
Je n’ai jamais réussi à accepter cette idée.
Pourquoi regarderais-je toujours le monde de la même manière ? Pourquoi choisir une seule esthétique alors que la lumière transforme tout ?
Je photographie :
le paysage, les routes, les villes, la rue, l’architecture, la nuit, l’astro, le portrait, les corps, les visages, le glamour, le nu, les silences …
Non pas parce que je me disperse mais parce que je poursuis la même obsession partout : la présence, l’ambiance. C’est ainsi que je ne cherche pas « la belle image »… Je cherche une image qui respire encore. Une image qui garde une ambiguïté, une tension, un silence, une vibration, quelque chose d’imparfait et donc profondément humain.
Je me méfie énormément des images prétendument trop parfaites ou trop « instagrammable » dit-on aujourd’hui. Elles ressemblent souvent à des mensonges trop éclairés… ou photoshopés 😉

Mon rapport à la technique est paradoxal.
J’utilise des appareils anciens ou ultra modernes, des workflows complexes… En héritage direct de mon activité d’intégrateur de solutions IT, des infrastructures que je construis moi-même, de l’IA générative locale, des serveurs personnels, des systèmes d’automatisation. J’aime comprendre les machines, les architectures, les flux, les écosystèmes techniques. Je ne supporte pas vraiment de dépendre entièrement de systèmes fermés sans comprendre comment ils fonctionnent.

Et pourtant, mes objectifs préférés ont parfois cinquante ans.
Les vieux Canon FD, les M42 soviétiques ou japonais, les verres imparfaits, les flares incontrôlables, les aberrations chromatiques, les pertes de contraste, les accidents lumineux… tout ce que beaucoup de photographes modernes cherchent à corriger fait souvent partie de ce que je viens chercher.
Parce qu’un objectif moderne peut être parfait mais un vieux verre peut avoir une âme.
Je crois qu’un accident de lumière peut parfois raconter davantage qu’une netteté chirurgicale.

Autodidacte, j’ai appris seul. En testant. En ratant énormément. En recommençant. En passant des nuits entières à comprendre pourquoi certaines images étaient techniquement irréprochables mais émotionnellement « plates ». En essayant de comprendre pourquoi parfois, au contraire, une photo imparfaite pouvait provoquer quelque chose d’immédiat ou de viscéral.

On me dit quelqu’un d’entier, passionné et investi. Ironique souvent, provocateur parfois, excessif probablement. Je déteste le manque d’ouverture d’esprit, supporte mal le faux, les postures, les effets de mode, les artistes clonés par les algorithmes, les images conçues uniquement pour performer.

Cette « identité », ma personnalité, se retrouvent forcément dans ma manière de photographier. Je ne cherche pas à produire des images « aimables ». Je cherche à produire des images qui laissent une trace après avoir été regardées. Même discrètement.
D’ailleurs le glamour et le nu artistique occupent une place importante dans mon travail.
Pas comme provocation. Pas comme consommation visuelle.
Le corps humain est pour moi une matière photographique expressive. La peau, les ombres, les textures, les regards, les silences, les lignes du corps dans une lumière précise…
Je refuse la manière dont notre époque traite le corps avec une forme de pudeur voir de peur contradictoire et absurde. Nous vivons entourés d’images hypersexualisées et pourtant incapables de regarder un nu artistique sans immédiatement le réduire à quelque chose de vulgaire.
Je n’ai jamais vu le nu comme quelque chose de pornographique. Et si certaines images franchissent cette frontière, c’est toujours moins grave que la bêtise humaine, la guerre ou la haine que nous acceptons si facilement par ailleurs.
Je vois le nu comme une forme de langage visuel extrêmement ancien, fragile et humain.
La différence entre une image qui élève et une image qui rabaisse ne vient pas du sujet. Elle vient de l’intention et du regard que nous lui portons.

Ainsi Photography by RTN et Luminuance ne sont pas des marques construites par une agence. C’est l’extension directe de ma personnalité et de ma manière de voir le monde.
Un mélange de lumière, de fatigue, de kilomètres, de fascination technologique, de nostalgie organique, de nuits urbaines ou sous les étoiles, de sensualité, de paysages silencieux, de villes géantes, d’objectifs anciens, d’écrans modernes, de solitude créative, et de cette sensation que quelque chose existe dans certaines lumières… juste avant qu’elles disparaissent. Je continue simplement à essayer de le capturer.

Je propose des tirages de mes photographies.
Formats, supports, finitions — chaque tirage est pensé en fonction de l’image. Certaines photos appellent le papier mat et la discrétion. D’autres réclament le brillant et la présence sur un mur.

Vous avez un projet commercial, une proposition de collaboration, une idée folle ou simplement l’envie de créer quelque chose ensemble — j’adore les projets pour peu que nous nous y retrouvions vraiment humainement.

Si une image vous touche et que vous souhaitez lui trouver une place chez vous, ou si vous voulez qu’on construise quelque chose — contactez-moi.